Fondation DiDé

Education

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L'éducation est un droit universel !

 
 
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Acquérir un savoir et un savoir-faire :

cours d’alphabétisation, éducation formelle et non formelle, formation professionnelle.

Développer un savoir-être :

activités psychosociales (théâtre forum, groupes de parole, sports, expression corporelle, arts visuels), suivi des cas les plus vulnérables.

 
 
 

Faire de la peine une période d’apprentissage

 
 

Dans un environnement clos comme celui d’une prison ou un établissement fermé, les sentiments et les relations sont exacerbés. La promiscuité engendre rapidement une violence qui se dirige vers les autres ou vers soi-même. La surpopulation, un mal présent dans de nombreux pays, abolit toute intimité. L’oisiveté pèse sur la santé mentale et physique. La personne privée de liberté doit faire face à une stigmatisation constante lors de son passage en détention comme après sa sortie. La mise en détention est bien souvent synonyme d’échec. La personne privée de liberté ne voit pas de futur possible, se sente rejetée voire oubliée.

Pour les mineurs et pour les femmes, forces vives des pays en développement, ce constat est d’autant plus alarmant !

Développer des connaissances, acquérir des compétences professionnelles et construire/reconstruire un savoir-être sont les objectifs de l’éducation. Elle est la clé de voûte d’un processus de réinsertion. Elle ne se limite pas à l’instruction stricto sensu, qui serait relative aux purs savoir et savoir-faire. Elle vise également à assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles voire morales). Ainsi, cette éducation lui permettra d’affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue.

 
 
 

La réappropriation du fonctionnement de la vie en collectivité

 
 

Cette réappropriation (voire cette appropriation) est d’autant plus difficile pour les mineurs qui n’ont bien souvent que peu, voire pas connu ce fonctionnement durant leur jeune parcours de vie. La population carcérale des mineurs est largement composée d’enfants de milieux défavorisés. Issus de familles disloquées où les tensions sont nombreuses, de familles mono-parentales pauvres et vivant dans la précarité, ayant survécu pour certains dans la rue, les mineurs détenus des pays en développement ont souvent un parcours de vie chaotique. Les problèmes des sociétés pauvres sont bien souvent accompagnés de problèmes traumatiques liés à une guerre, à un génocide ou à une catastrophe naturelle.

Le défi est de permettre aux adolescents, dans un monde clos tel que celui de la prison, d’apprendre le fonctionnement en société et en vie collective!

Pour les femmes maintenues en détention, le défi doit répondre à leurs craintes de ne pas retrouver leur place, ou même une place, dans la vie collective. La mise à l’écart de la société au travers de la peine signifie le rejet: rejet de la famille, de la société et du monde économique. Pourtant ce sont elles qui sont le moteur des sociétés en développement. C’est souvent grâce à leur travail, leurs responsabilités, leur engagement que le développement d’un pays est rendu possible.

 
 
 

Notre action

 
 

DiDé mène depuis 20 ans des projets afin que les femmes et les adolescents en situation de détention bénéficient de la protection et de l’éducation qui leur sont dues. C’est au fil des années et plus particulièrement auprès des adolescents en détention au Rwanda que nous avons pris conscience de la nécessité d’intégrer une approche globale de l’éducation. Développer le savoir et le savoir-faire au travers des programmes de scolarisation ou de formation professionnelle est certes essentiel dans une perspective de réinsertion. Mais ce n’est pas suffisant! L’accompagnement psychosocial et en santé mentale, passant notamment par des activités de groupe et un suivi individuel pour les cas en détresse psychologique aiguë, est la pierre angulaire de tout programme éducatif et d’insertion.

  • Encourager l’alphabétisation et l’enseignement scolaire formel ou informel.

  • Soutenir la formation professionnelle.

  • Développer l’acquisition de compétences individuelles et sociales au travers des activités psychosociales.

  • Stimuler les liens de sociabilité et de solidarité grâce à des activités sportives, culturelles, artistiques.

  • Identifier, évaluer et accompagner les cas individuels de détresse aigüe (santé mentale).

 

 Réinsertion

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La Réinsertion est un engagement de tous!

 
 
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Reconstruire le lien avec la famille et avec l’extérieur:

soutien aux visites de famille, à l’échange de messages et aux contacts téléphoniques, facilitation de rencontres avec des acteurs externes.

Etablir des projets individuels:

création d’unités de réinsertion au sein des établissements, développement de liens entre acteurs (intra-extra muros).

Accompagner la sortie:

soutien au retour dans la famille, au démarrage d’une activité professionnelle, à la poursuite des études.

 
 
 

La peine: exclusivement punitive ou utilitaire?

 
 

Les fonctions généralement attribuées à la sanction sont d’éduquer, de restaurer, de rendre visible, de punir et de sécuriser. Entre exclusion et insertion, le défi de la peine est identifié.

Il ne s’agit pas d’une question qui se pose uniquement aux autorités de tutelle. Elle est liée à la conception donnée à la justice. Voulons-nous concevoir la prison comme un lieu d’exclusion des délinquants pour la sûreté de la société, ou comme un lieu de préparation à la réinsertion dans la vie quotidienne ? Voulons-nous une sanction exclusivement punitive ou ayant une fin utilitaire? Un tel débat et de telles questions concernent toute la société.

 
 
 

L’élaboration d’un projet personnel

 
 

La réinsertion se prépare dès l’entrée dans un établissement pénitentiaire et se construit avec toutes les personnes impliquées. Les autorités de tutelle ont une responsabilité prépondérante. Les familles et plus largement la société ou la communauté sont également des acteurs clés dans la réussite d’une réinsertion. Elles doivent être partie prenante dès les premières étapes de la réinsertion. Enfin la réinsertion ne peut se faire contre le gré de la personne détenue. Il faut donc qu’elle perçoive et comprenne l’avantage pour elle d’aborder sa peine et sa détention dans une perspective constructive. Ce qui est loin d’être facile.

L’élaboration de projets de vie individualisés sous-tend le processus de réinsertion. Il est nécessaire de tracer, avec le mineur ou avec la femme, un chemin qui les conduit vers le futur. Cette prise en charge individuelle est largement absente dans la plupart des environnements pénitentiaires. Et plus encore dans les pays en développement où elle est perçue comme requérant des ressources tant financières qu’humaines qui font défaut.

 
 
 

La construction ou la reconstruction du lien familial

 
 

La visite de famille est un élément extrêmement important dans la vie d’un détenu. Elle l’est encore plus pour un adolescent ou pour une mère qui vit séparée des ses enfants. Malheureusement, trop souvent, les parents et les maris abandonnent leur enfant ou leur femme lorsque ceux-ci ont maille à partir avec la justice. Ceci augmente leur vulnérabilité et leurs difficultés à se projeter vers le futur. Le quotidien en prison est également source de stress et de désespoir. Ils se sentent oubliés et abandonnés par leurs proches; autant de douleurs qui sont des obstacles à un projet de réinsertion.

Rétablir ou établir des contacts avec le monde extérieur, avec des proches, avec la famille est bien souvent la bouée de sauvetage et de survie pour la personne en détention. Le maintien de tels liens est d’autant plus important pour les mineurs et les femmes en détention. Ceci doit être compris et facilité par les autorités mais également les familles et la société dans son ensemble.

 
 
 

Le suivi et l’accompagnement à la libération

 
 

Le moment de la libération est crucial. Qu’advient-il d’un adolescent ou d’une femme laissé à la porte d’un établissement pénitentiaire sans aucun moyen financier? Où va le mineur orphelin qui vivait dans la rue avant sa détention ? Où va la femme abandonnée par son mari, sa famille et sans nouvelles de ses enfants?

Créer des ponts entre la prison et le monde extérieur favorise la réinsertion. Autorités, membres de la société civile, du monde économique et du travail, du monde religieux, organisations non gouvernementales, etc. doivent se mobiliser pour faciliter ce passage. Cette collaboration ne va souvent pas d’elle-même et nécessite une conscientisation et une préparation pour assumer et assurer, ensemble, un tel accompagnement. Abandonner, entre autres, des réflexes de stigmatisation et de crainte, prend du temps et implique une réelle volonté de la société dans son ensemble.

 
 
 

Notre action

 
 

Au fil des années DiDé est témoin du rôle essentiel des liens familiaux, reçoit les requêtes des adolescents pour être en contact avec le monde extérieur et entend leurs craintes face à leur sortie. Pour répondre à de tels besoins, nous développons, de concert avec les autorités pénitentiaires, une approche qui vise l’intégration et la sensibilisation de tous les acteurs pour faciliter la réinsertion.

  • Rétablir ou consolider le sentiment d’appartenance à une famille, à la communauté.

  • Assurer une meilleure prise en charge et un suivi à la sortie.

  • Soutenir un nouveau départ.

 

Pérennisation 

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La pérennisation est notre responsabilité!

 
 
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Former le personnel d’encadrement:

formations théoriques, accompagnement et supervision, développement d’outils.

Conscientiser l’administration pénitentiaire:

journées de discussions, formations, planification et évaluation conjointes des objectifs.

Sensibiliser les familles, la communauté:

présence lors des visites, émission radiophoniques.

Echanger les bonnes pratiques et l’expérience:

participation active à des événements, à des séminaires, à des tables rondes, etc. , organisation à Genève et/ou sur le terrain d’un événement annuel

 
 
 

Penser le désengagement dès la phase d’élaboration d’un projet

 
 

Il est aujourd’hui reconnu et demandé que tout projet opérationnel d’une organisation de développement intègre la notion d’autonomisation. Au-delà de cette exigence, la réalité tend à montrer qu’un tel principe est souvent difficile à opérationnaliser voire oublié ou négligé. Il se heurte notamment à des temporalités divergentes entre un processus d’appropriation souvent long et des projets limités dans le temps. Il se confronte souvent à des changements de situations non prévisibles dans une planification rigoureuse des projets.

Lors de l’acceptation de partenariats ou l’élaboration de nos propres projets, nous portons une attention particulière à la notion d’appropriation. Elle se décline sous différents aspects, à différents niveaux et englobe différents acteurs:

  • l’appropriation politique/institutionnelle

Il est essentiel que le projet s’inscrive dans une volonté affirmée et concrète des autorités pour une meilleure prise en charge des mineurs et des femmes en situation de détention.

  • l’appropriation sociale

Il est essentiel de conscientiser la communauté, les familles de personnes détenues, la société civile pour une meilleure prise en charge.

  • l’appropriation technique

Il est essentiel de former, de donner les outils, d’accompagner et de partager avec le personnel d’encadrement.

  • l’appropriation économique

Il est essentiel de prévoir avec les acteurs concernés (autorités, partenaires) la viabilité suite à notre désengagement.

Si la pérennité ne doit pas être un but en soi et le seul critère de réussite d’un projet, elle nous permet néanmoins de réfléchir à la qualité de ce que nous faisons et de rester réactifs aux enjeux qu’elle implique. Elle nous force à rester attentifs à l’évolution sur le terrain et réceptifs aux réalités des contextes afin de montrer un esprit critique face à notre action. Des processus d’évaluations régulières (internes et externes) et de capitalisation sont progressivement intégrés à notre approche de travail afin de garantir au mieux la qualité de nos projets et de notre action.

 
 
 

Notre action

 
 

Une approche pragmatique, des réponses concrètes face à des besoins constatés et l’engagement dans la durée de collaborateurs/partenaires locaux qualifiés et reconnus sont parmi nos priorités et nos critères d’intervention pour développer des projets.

  • Construire ensemble des réponses adéquates et concrètes.

  • Encourager l’autonomisation et la responsabilisation des partenaires et des autorités.

  • Développer des échanges Sud/Sud et Sud/Nord.

  • Sensibiliser face au droit à l’éducation et à sa nécessité pour la réinsertion des mineurs et des femmes détenus.