DiDé Flash Info - Avril 2019

 
Formation des  " paires éducatrices "

Formation des "paires éducatrices"

Chères amies et chers amis de la Fondation DiDé, voici votre 6ème DiDé Flash Info. Une fois encore nous vous remercions de votre soutien sans lequel la Fondation ne serait pas en mesure de poursuivre de manière identique sa mission aux côté des détenus les plus vulnérables.

Ce mois nous vous ferons un point de situation des projets en cours avec une attention particulière sur la formation. À cela s’ajouterons une information sur la « Semaine de la Justice » organisée par le Ministère de la Justice et un témoignage.

 

Projets en cours

La Fondation DiDé reste engagée au Rwanda dans le cadre de trois projets : le projet en faveur des femmes détenues à la Prison de Ngoma et de leurs enfants, celui en partenariat avec Rwanda Bridges to Justice (RBJ) et un nouveau projet financé par l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID). Projet portant sur la promotion de la réconciliation entre les détenus et les membres des communautés d’origine. Les activités liées aux deux premiers projets se poursuivent selon les plans établis. Dans les prisons de Ngoma, Nyarugenge, Bugesera, Rwamagana et Nyagatare, les collaborateurs de DiDé ont continué à dispenser les formations adressées aux « pairs éducateurs » sur les techniques d’animation. Ces formations se sont maintenant achevées et les « pairs éducateurs » pourront très prochainement gérer de manière autonome des groupes de parole.

Le dispositif d’accompagnement psychosocial développé par les psychologues de DiDé, en collaboration avec les psychologues engagés par les prisons, est donc de plus en plus solide. Cela est démontré aussi par l’efficacité qui caractérise le travail des « pairs éducateurs » dans l’identification des détenus nécessitant un suivi spécifique. Au mois de mars 137 personnes ont été identifiées et référées aux psychologues, toutes bénéficient maintenant d’un accompagnement psychosocial adapté et individualisé.

Un autre important résultat réside dans l’achèvement des travaux de construction des salles de consultation psychologique des prisons de Ngoma, Bugesera et Rwamagana. Les détenus disposent maintenant de lieux adaptés pour les rencontres avec les psychologues et les conseillers juridiques.

Le nouveau projet de DiDé visant la promotion de la réconciliation entre les détenus et les membres des communautés d’origine a été officiellement lancé en mois de mars. Il a débuté par l’organisation de rencontres permettant la présentation, la discussion et la planification des activités prévues avec l’ensemble des acteurs locaux concernés, y compris les représentants du Rwanda Correctional Service (RCS), le personnel des prisons et les autorités régionales.

 

Formation

Dans le cadre du projet mis œuvre en partenariat avec RBJ, DiDé a contribué à l’organisation de trois journées de formation qui ont eu lieu au début du mois de mars et se sont adressées aux différents acteurs de la justice pénale au Rwanda. L’objectif de la formation était de sensibiliser les acteurs institutionnels et de la société civile à l’importance du bien-être psychologique des personnes accusées d’infractions à la loi et celles des détenus.

Deux différents ateliers ont été proposés. Le premier suivi par 30 personnes portait sur l’identification et l’assistance des détenus en détresse. Des représentants d’institutions y compris étatiques, telles que le Ministère de la Justice, le Rwanda Correctional Service et le Rwanda Investigation Bureau ainsi que des professionnels provenant d’organisations de la société civile ont participé à celui-ci. Ils ont pu acquérir des compétences de base nécessaires à identifier, dans le cadre de leur pratique professionnelle, les individus nécessitant d’un soutien en santé mentale. De plus, ils ont été sensibilisés aux approches à adopter afin de pouvoir soutenir ces personnes d’une façon adéquate.

Le deuxième atelier s’est adressé aux psychologues et aux autres professionnels médico-sociaux qui travaillent dans les prisons, les hôpitaux, le Parquet Général ou les organisations de la société civile. Grâce à une méthodologie favorisant la participation active et les travaux de groupe, les 39 participants ont pu accroître leur compréhension de la santé mentale des personnes accusées et de celles détenues, ainsi que de découvrir et d’apprendre les techniques d’assistance de l’accompagnement psychologique de ces individus.

Ces journées de formations ont été l’occasion de réaffirmer l’importance de la santé mentale des personnes en conflit avec la loi et en détention ainsi que de sensibiliser les acteurs concernés à cette thématique qui reste souvent négligée.

DiDé et RBJ ont tiré un bilan positif de ces journées qui ont aussi permis de démarrer des discussions positives autour des possibilités de collaboration entre les divers acteurs dans l’accompagnement psychologique des personnes en conflit avec la loi.

 

Semaine de la Justice

Toujours dans une logique de sensibilisation, la Fondation DiDé a participé et présenté ses activités dans le cadre de la « Semaine de la Justice » ; manifestation organisée du 18 au 22 mars par le Ministère Rwandais de la Justice.

Les objectifs principaux se déclinaient de la façon suivante : en premier lieu informer le public rwandais des services mis à disposition par les Institutions Gouvernementales et par la société civile et en second lieu sensibiliser les participants aux crimes émergents, tels que la traite des êtres humains, la corruption et/ou la cybercriminalité, ce dans une optique de prévention. Des conférences, débats et ateliers ont eu lieu dans les différentes régions du Rwanda, y compris dans des établissements pénitentiaires et universitaires.

Dans ce contexte, DiDé a présenté ses projets et ses activités lors de la journée d’ouverture. De plus, la Fondation a participé à des événements de sensibilisation organisés en partenariat avec le Rwanda Correctional Service à Bugesera et dans la Prison de Ngoma.

Semaine de la Justice

Semaine de la Justice

Témoignage

La pertinence des activités de DiDé en faveur de la promotion du bien-être psychologique des détenus ainsi que l’efficacité de la collaboration entre « pairs éducateurs » et psychologues trouvent leur confirmation dans les progrès que les détenus suivis accomplissent. Le cas de Paul (nom d’emprunt), condamné à perpétuité, en est une démonstration. Identifié et référé aux psychologues par un « pair éducateur » qui s’est inquiété du fait qu’il passait toutes ses journées au lit, Paul présentait des symptômes dépressifs et suicidaires. La gravité de la situation était telle qu’elle a exigé une hospitalisation. En complément d’une thérapie psychiatrique, le psychologue de DiDé a commencé un parcours d’accompagnement individuel visant la compréhension et l’élaboration des causes à l’origine de ces symptômes. Actuellement, Paul continue son parcours thérapeutique et les progrès sont évidents. Il a recommencé à soigner son apparence et il est capable maintenant de se projeter dans le futur. Grâce à cet appui en santé mentale, Paul apprend à accepter et à gérer son présent et sa souffrance.