DiDé Flash Info - Décembre 2018

 
Activités artisanales dans la Prison de Ngoma

Activités artisanales dans la Prison de Ngoma

La Fondation DiDé vous remercie de votre généreux et régulier soutien ; celui-ci est fondamental pour la poursuite des actions de DiDé en faveur de la défense, de la dignité et de l’amélioration des conditions de vie des personnes en situation de détention. Voici la deuxième parution 2018 du « DiDé Flash Info » retraçant les récentes activités développées par la Fondation.

 
 
 

Prison pour femmes de Ngoma

Les activités prévues dans le cadre du projet de réintégration psychosociale et de formation professionnelle en faveur des femmes détenues dans la prison de Ngoma se sont poursuivies selon le plan initialement établi. L’été et le début de l’automne ont été caractérisés par le démarrage des travaux de construction. Ces travaux, en partenariat avec le Rwanda Correctional Service (RCS) – par la mise à disposition de la main d’œuvre-, visent la réalisation d’espaces destinés à héberger les classes de formation artisanale et d’alphabétisation.

Parallèlement à ces travaux le psychologue de DiDé, en collaboration avec le psychologue de la prison, travaille au développement du dispositif d’accompagnement des mères détenues. Tous deux se concentrent particulièrement sur le renforcement des compétences et des connaissances des « paires éducatrices ».

Les « paires éducatrices » sont des détenues qui ont été sélectionnées afin de pouvoir soutenir le travail des psychologues, notamment pour ce qui concerne la mise en place d’activités de groupe. Elles permettent aussi l’identification des femmes et des enfants nécessitant un suivi plus individualisé. Les « paires éducatrices » suivent une série de formations focalisées sur l’importance du bien-être mental, sur la relation « mère /enfant », ainsi que sur l’identification de symptômes liés aux troubles psychologiques chez l’enfant en bas d’âge. Ces formations ont pour but de fournir aux « paires éducatrices » les outils de base en vue de soutenir les détenues et leurs enfants.

Les activités liées au suivi des enfants ayant atteint l’âge limite de 3 ans et devant quitter la prison se poursuivent régulièrement. Grâce à la collaboration entre le Fondation DiDé, le personnel de la prison et les autorités locales, 17 enfants âgés de trois ans ont été intégrés dans les familles d’accueil entre juin et octobre.

Pour les enfants vivant en prison avec leurs mères détenues, DiDé et ses partenaires, recherchent les futures familles d’accueil. Une fois celles-ci identifiées, commence avec elles un travail de sensibilisation et de préparation à l’accueil de l’enfant.

Afin que la séparation entre la mère et son enfant ne se réalise pas de manière brutale, il est également fondamental que l’enfant puisse créer un lien avec la famille d’accueil avant qu’il ne doive quitter la prison. C’est ainsi que les enfants sont suivis et préparés par les psychologues en vue de cette séparation. La participation des enfants aux activités développés dans le cadre de la crèche offrent dès lors d’excellentes alternatives en termes de socialisation.

 

Projet en partenariat avec IBJ et RBJ

La Fondation DiDé au Rwanda est également engagée dans un second projet débuté en janvier 2018 en collaboration avec International Bridges to Justice (IBJ) et Rwanda Bridges to Justice (RBJ). L’objectif est de protéger les droits humains au sein du système de justice pénale au Rwanda. Pour le faire, le projet prévoit une approche multidisciplinaire, en mettant en place un partenariat entre deux organisations compétentes dans le domaine juridique – IBJ et RBJ – et une organisation expérimentée dans le domaine de la santé mentale – DiDé. Les interventions de la Fondation au sein de ce projet touchent la formation et la sensibilisation des différents acteurs du système judiciaire rwandais, ainsi que l’accompagnement psychosocial des personnes détenues, en particulier de celles qui ont été victimes d’abus ou de violations des droits humains. Les interventions ont lieu dans les prisons de Nyarugenge, de Nyagatare, de Ngoma, de Rwamagana et de Bugesera.

Les réalisations obtenues jusqu’à l’heure actuelle sont très encourageantes. À ce jour, la totalité des 450 personnes détenues ayant été identifiés comme nécessitant d’un suivi spécifique bénéficient d’un soutien psychologique. Cela montre la pertinence de l’expertise de DiDé et l’efficacité de son action.

Enfin, DiDé a mené des activités de sensibilisation dans les prisons de Rwamagana et de Ngoma relatives à la notion de « présomption d’innocence », cela tant par le biais de représentations théâtrales que par la diffusion de brochures. Le but poursuivi étant de sensibiliser le personnel du RCS, les personnes détenues ainsi que des membres de la communauté dans laquelle la prison s’inscrit, aux injustices qui peuvent survenir dans le cas où le principe de présomption d’innocence n’est pas respecté.

Ces activités ont également reçu une ample couverture dans les médias locaux.

 

Rapport d’activités

Le Rapport Annuel 2017 qui résume les activités de DiDé au Rwanda et présente le bilan financier peuvent être consultés ici.

La Fondation DiDé profite de cette occasion pour vous remercier, fidèles donateurs privés et / ou institutionnels grâce à qui DiDé est en mesure de poursuivre sa mission de défense de la dignité des personnes détenues les plus vulnérables.

 

Les Membres du Conseil de Fondation, les collaboratrices et collaborateurs à Genève et à Kigali vous souhaitent de Joyeuses Fêtes de fin d’année ainsi qu’une excellente et positive nouvelle année à venir.

En 2019, ensemble et avec vous, nous poursuivrons ces actions en faveur de la protection des droits des personnes détenues.
Merci de rendre cela possible.