DiDé Flash Info - Janvier 2019

 
Salle en construction dans la Prison de Bugesera

Salle en construction dans la Prison de Bugesera

C’est avec enthousiasme que la Fondation DiDé démarre cette nouvelle année. Conscients de la nécessité et de la plus value de nos actions, notre engagement au cours de cette année 2019 en faveur de l’amélioration des conditions de vie des personnes en détention restera intact. Cet engagement ne serait toutefois pas possible sans le soutien que vous ne manquez pas de nous démontrer de manière constante. Pour cela, la Fondation DiDé tient à chaleureusement vous remercier.

Cette année sera en particulier caractérisée par les actions menées dans le cadre de deux projets au Rwanda. Dans la prison de Ngoma, nous consoliderons le dispositif d’accompagnement psychosocial de toutes les femmes détenues, avec une attention particulière du suivi du binôme mère/enfant; enfants vivant en prison avec leur mère et devant à terme quitter celle-ci. Cette attention se portera également sur la préparation à leur réintégration sociale. Par ailleurs la mise en œuvre pour les femmes de cours de qualité d’alphabétisation et d’apprentissage aux métiers d’artisanat se développera de manière continue.

Parallèlement à cela, la collaboration avec l’ONG Rwanda Bridges to Justice (RBJ) nous permettra de renforcer les interventions en santé mentale auprès des détenus de cinq différentes prisons rwandaises, à savoir les prisons de Nyarugenge, de Ngoma, de Rwamagana, de Bugesera et enfin celle de Nyagatare qui accueille des mineurs.

Cette troisième parution du « DiDé Flash Info » illustre les différentes activités que la Fondation DiDé, en collaboration avec RBJ et les autorités pénitentiaires Rwandaises, a réalisé ces derniers mois et poursuivra en 2019 dans ces cinq prisons.

 
 
 

Construction et réhabilitation des salles de consultation psychologique

Dans le cadre du projet réalisé en partenariat avec RBJ, la Fondation DiDé a la responsabilité d’assurer l’accompagnement psychosocial des détenus. Cela ne peut pas avoir lieu sans que des lieux adaptés à la consultation psychologique soient mis à disposition dans chaque prison. Ces lieux destinés aux rencontres entre patient et psychologue doivent être conçus de sorte que le patient se sente sécurisé et puisse ainsi librement exprimer ses ressentis. Ces lieux pourront également être utilisés dans le cadre des consultations juridiques; activités promues par notre partenaire RBJ.

Par ailleurs, ces lieux doivent être situés de manière à assurer la confidentialité nécessaire et éviter toute potentielle stigmatisation du patient.

Dans les prisons de Rwamagana, de Bugesera et de Ngoma un manque d’infrastructure répondant à ces critères s’est posé.

DiDé, grâce à une contribution de la « British High Commission », a donc assuré les travaux de réhabilitation et lorsque nécessaire de construction de salles de consultation. Ces travaux avancent rapidement et entrent dans leur phase finale. Dans l’entretemps d’ici la fin des travaux, en coordination avec les Directions des prisons concernées, des solutions temporaires ont été trouvées afin de garantir aux psychologues la possibilité d’intervenir auprès des détenus. C’est ainsi que des salles normalement destinées à d’autres activités ont été mises à disposition.

Groupe de parole

Groupe de parole

Suivi psychologique individuel

Le dispositif d’accompagnement psychosocial des détenus développé et expérimenté par DiDé se base sur deux pilliers: le suivi individuel et les activités de groupe.

La particularité de l’approche de DiDé réside dans la collaboration entre psychologues et « pairs éducateurs» qui sont constitués par des détenus sélectionnés et formés aux différents aspects de la santé mentale en prison. Les « pairs éducateurs » sont des éléments clés dans des contextes où seuls un ou deux psychologues sont censés assurer l’accompagnement et le suivi de centaines d’individus. Les « pairs éducateurs » sont indispensables à l’identification des détenus qui nécessitent une prise en charge individuelle spécifique.

Durant les mois de novembre et de décembre 2018, ce sont au total 303 personnes qui ont été identifiées dans les cinq prisons ciblées par le projet. Toutes ces personnes bénéficient aujourd’hui d’un suivi adapté aux exigences individuelles et sont prises en charge par les psychologues de DiDé et les psychologues employés par les établissements pénitentiaires. Les cas nécessitant un suivi psychiatrique ont été, quant à eux, référés aux hôpitaux régionaux. En complément à l’accompagnement individuel, les détenus sont adressés vers des groupes de parole thématiques, en lien avec leurs situations individuelle et le diagnostic posé.

 

Activités de groupe

Au cours de l’année 2018, les psychologues ont travaillé à la création de groupes de parole dans les cinq prisons concernées. Les groupes de parole représentent un outil expérimenté par DiDé qui permet aux participants de traiter certaines thématiques sensibles dans une dynamique positive et constructive, d’exprimer leurs émotions et de créer des liens sociaux avec les autres participants. Si ces groupes de parole sont actuellement encadrés par les psychologues, l’idée à la base de cet outil est qu’ils puissent se créer de manière spontanée sur la base des besoins, des nécessités et exigences des détenus. Pour cette raison, les psychologues ont besoin d’être appuyés par les « pairs éducateurs » dans la gestion de ces groupes. À ce titre, les pairs éducateurs participent en tant qu’obsevateurs aux séances des groupes de parole afin d’apprendre de manière pratique les techniques d’animation. Un total de 26 groupes de parole existent dans les prisons de Nyarugenge, Ngoma, Rwamagana et Bugesera. Dans la prison de Nyagatare où, grâce aux précédentes actions de DiDé le dispositif est bien ancré, il y a 27 groupes. Partout ailleurs, des nouveaux groupes sont en phase de création.

Les thématiques touchées sont très variées et peuvent changer sur la base des intérêts et des nécessités des participants. À l’heure actuelle, les psychologues qui participent au projet, sur la base d’une analyse des troubles qui affectent les personnes détenues, ont jugé pertinent la création de groupes pour la prévention de la toxicomanie et de l’alcoolisme dans trois prisons différentes. Les buts sont de prévenir l’usage de drogues et d’alcool, de gérer les conséquences psychologiques et physiques de ces abus et de rendre le participant actif dans son traitement. Ces groupes se consolident graduellement et ce sur une base de confiance. D’autres thématiques traitées et développées par les groupes de parole sont l’estime de soi, les conflits intrafamiliaux, les conséquences de la détention, la sexualité et les comportements à risque.