DiDé Flash Info - Mars 2019

 
Formation des  " pairs éducateurs "

Formation des "pairs éducateurs"

La Fondation DiDé a le plaisir de vous adresser cette nouvelle parution du « DiDé Flash Info » qui présente ses dernières activités dans les prisons rwandaises et profite de l’occasion pour vous remercier de votre soutien constant.

Les interventions de DiDé ont repris leur rythme habituel. En fait, nous sommes heureux de pouvoir vous informer qu’à la fin du mois de février les trois prisons touchées par l’épidémie de rougeole, à savoir Nyarugenge, Ngoma et Rwamagana, ont été déclarées sûres par les autorités compétentes.

La seconde importante nouvelle est le démarrage d’un nouveau projet ciblant les prisons de Nyarugenge, Huye et Rusizi, projet financé par l’USAID, l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International.

 

Prison pour femmes de Ngoma

Dans le cadre du projet financé par Wallonie-Bruxelles International visant la réhabilitation psychosociale des femmes détenues et des enfants de la Prison de Ngoma, les psychologues de DiDé se sont concentrés sur le renforcement du dispositif d’accompagnement à la séparation et à la réinsertion des enfants ayant atteint l’âge de trois ans. Ainsi, 5 enfants des 97 qui habitent actuellement avec leurs mères détenues ont été identifiés comme ayant besoin d’être préparés en vue d’une leur prochaine sortie de prison. Un de ces enfants a déjà pu être réintégré avec succès dans sa famille d’origine vivant dans la ville de Nasho. Cette réintégration a été effectuée par l’équipe de DiDé et le personnel de la prison.

Prison de Ngoma

Prison de Ngoma

Projet en collaboration avec Rwanda Bridges to Justice

Le projet en collaboration avec RBJ se poursuit dans les cinq prisons ciblées. La totalité des personnes identifiées comme nécessitant un accompagnement spécifique sont au bénéficie d’un suivi individuel garanti par les psychologues des prisons et les psychologues de DiDé. Les cas ayant besoin d’une prise en charge psychiatrique ont quant à eux été référés aux hôpitaux compétents.

De plus, le dispositif de thérapie psychosociale de groupe se renforce et de nouveaux groupes de parole se forment. Cela est le cas pour la Prison de Rwamagana qui a vu la création de trois nouveaux groupes ciblant des détenus avec des caractéristiques differentes, à savoir : les détenus âgés, les détenus condamnés à des longues peines et ceux touchés par l’usage et l’abus de drogues.

Parallèlement, les formations aux techniques d’animation des groupes pour les « pairs éducateurs » se poursuivent. Ainsi, dans les prisons de Bugesera et de Nyarugenge les « pairs éducateurs » ont échangé avec les collaborateurs de DiDé sur ce qu’est un groupe de parole et de ses caractéristiques spécifiques. Ils ont ainsi été confrontés à des réflexions relatives aux bénéfices thérapeutiques de cet outil.

Dans les faits, le groupe de parole permet de rétablir et de consolider le lien social. Faire partie d’un groupe donne au détenu la possibilité de recréer le sentiment d’appartenance à une communauté, il favorise la remise en question grâce à la confrontation avec autrui et à la réflexion qui est stimulée par l’animateur. Des exercices de simultation de sessions de groupes de parole ont permis aux « pairs éducateurs » de s’entrainer en tant qu’animateurs.

De son côté, Rwanda Bridges to Justice continue ses activités de prévention et d’assistence légale et juridique aux accusés et détenus pauvres, vulnérables et/ou victimes d’abus. Pour cela, les collaborateurs de RBJ visitent régulièrement les prisons afin d’identifier les personnes nécessitant leur soutien. La priorité d’intervention est donnée aux détenus et détenues les plus vulnérables, tel que ceux et celles manifestant des troubles psychologiques. C’est dans ce cadre que les synérgies et les complémentarités des actions posées par RBJ et par DiDé se manifestent de la façon la plus évidente. Par ailleurs, le dispositif d’accompagnement psychosocial mis en place par DiDé permet au personnel des prisons, en collaboration avec les psychologues de la Fondation, d’identifier les personnes manifestant une fragilité mentale et/ou en situation de détention préventive prolongée. Ces personnes sont ensuite référées aux avocats de RBJ qui peuvent ainsi proposer une assistance judiciaire.

L’histoire d’Alicia (prénom d’emprunt) est une démonstration de la pertinence de ce partenariat. Cette jeune femme de 23 ans a été accusée de vol par son ancien employeur qui ne lui versait pas le salaire mensuel tel que convenu au moment de son engagement. Même si elle s’est toujours déclarée innocente, en absence de preuves, elle a vécu deux ans en détention provisoire. Pendant cette période, son état psychologique s’est affaibili et a commencé à montrer des symptômes de dépression et d’anxieté. Grâce à l’accompagnement de DiDé et, en particulier de RBJ, elle a finalement été entendue par un juge qui, sur base de l’analyse du dossier, l’a déclarée innocente par manque de preuves. Elle a ainsi pu rentrer dans sa famille et être ainsi à côté de sa mère malade.

 

Nouveau projet financé par USAID

La Fondation DiDé a démarré au mois de mars un projet intitulé « Une justice réhabilitative pour la promotion de la réconciliation au Rwanda », projet qui s’insère dans un programme plus ample appelé « Duteze Imbere Ubutabera » (Développons la Justice) soutenu par l’USAID et mis en place par l’ONG Chemonics International.

Ce projet d’une durée de 15 mois se fonde sur trois axes d’interventions : renforcer le droit à un procès équitable, accroître la capacité du sytème de justice criminelle à réhabiliter les détenus et enfin, faciliter la réconciliation entre la communauté et les individus en conflit avec la loi.

Les interventions de DiDé se concentrent sur la réhabilitation psychosociale des personnes détenues proche du terme de l’accomplissement de leur peine et ce grâce à un support psychologique en vue de leur réintégartion dans la société. D’autres actions prévues sont l’organisation d’activités de réconciliation entre détenus et victimes de crimes et/ou membres de la communauté d’origine.

Ces activités sont prévues à l’intérieur des prisons de Huye, de Rusizi, et de Nyarugenge, ainsi que dans les communautés habitant dans les districts de Nyaruguru, de Nyamasheke et de Gasabo.